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Riventosa et la Pieve de Venaco, texte de Mademoiselle Stéphanie Marchetti.

Riventosa a un passé lié à la pieve de Venacu qui reste encore à explorer.


 1-L’occupation pré-médievale.

 a. La préhistoire.
Contrairement à d’autres régions et communes insulaires, le territoire de la commune de Riventosa n’a pas encore fait l’objet d’études archéologiques (prospections ou fouilles). Dans la région, seules les communes de Corte et de Venaco ont fait l’objet d’inventaires archéologiques.
Toutefois, l’absence de données ne doit nullement laisser supposer que cette région fut inoccupée aux temps préhistoriques : ce territoire réunit en effet de nombreuses conditions favorables à l’implantation humaine. Les vallées du Vechju et surtout du Tavignanu constituent très certainement des lieux propices aux établissements humains, l’agriculture pouvait y être développée grâce aux terres fertiles du fiuminale et les espaces cultivables y sont même remarquablement étendus. Quant à la moyenne montagne, elle offre de nombreuses terrasses ou éperons rocheux permettant l’implantation d’habitats. Ces sites d’altitude plus ou moins élevée étaient particulièrement recherchés au cours de l’Age du Bronze car ils permettaient la surveillance, voire la défense du territoire et donc la mise en valeur de ce dernier.
Les sites de moyenne montagne pouvaient également s’inscrire dans la logique de la transhumance, pratique très importante pour les hommes de la préhistoire et de la protohistoire dont l’économie était en grande partie fondée sur l’élevage.

De nombreux sites préhistoriques ont été découverts dans le centre Corse (Cortenais-Venacais). Sur la commune de Venaco, par exemple, un site de l’Age du Bronze a été découvert en 2006. 
Dans la vallée de la Restonica (Commune de Corte), la fouille de l’abri-sous-roche de Tuani par Nadia Federzoni (doctorante à l’Université de Corse) a permis de mettre au jour des ossements, du mobilier lithique et céramique permettant de dater l’occupation et la fréquentation de cet abri-sous-roche de l’Age du Bronze.
Enfin, quelques sites ont été découverts sur les communes de Poggio di Venaco et Muracciole.
A Poggio di Venaco ont ainsi été répertoriés trois sites protohistoriques. L’un d’entre eux, appelé Poggio, a été repéré par photographie aérienne et correspondrait à un habitat fortifié protohistorique sur lequel se serait développé le village. Enfin le fiuminale a également été occupé comme en témoigne la découverte de vestiges céramiques protohistoriques au lieu-dit Ermuracce.

b. L’occupation romaine.
Aucun site daté de l’Antiquité n’a pour le moment été découvert sur la commune de Riventosa.
Toutefois, il est fort probable que des vestiges romains puissent être un jour découverts sur le territoire de la commune. En effet, nous ne sommes pas très loin d’un site de l’Antiquité tardive très intéressant.  
Il s’agit du site de Tusani. Des pièces d’habitation y furent découvertes et livrèrent un matériel archéologique important et très intéressant. L’analyse de celui-ci permet de considérer que le site a été occupé jusqu’au Vème- VIIème  siècle. Le matériel retrouvé y est très varié : céramique africaine, amphores, verres … Le raffinement de certains objets permet d’envisager une vie relativement aisée. Il apparaît également, et c’est là le point le plus important, que, malgré son -supposé- isolement géographique, le site de Tusani était touché par les grands courants commerciaux romains, en témoignent des objets d’origine africaine, italienne … Les fouilles menées sur ce site ont également permis de montrer les contacts qui existaient entre l’Afrique vandale et la Corse rurale.

2- Le Moyen Age.

 Au Moyen Age, le territoire de la commune de Riventosa appartenait à la pieve de Venacu. Le terme de pieve correspond à une division administrative et religieuse du territoire. L’église principale de cette entité était elle aussi appelée pieve. La pieve de Venacu était à l’époque composée des territoires des villages actuels de Venaco, Santo Pietro, Poggio, Riventosa, Casanova et une partie importante de la commune actuelle de Corte.
Au centre de l’île, Venacu jouait le rôle de carrefour d’intérieur et de nœud de communication de première importance : caractérisée par la combinaison de deux vallées de grandes dimensions, celles du Tavignanu et du Vechju, la pieve de Venacu présente ainsi de nombreux avantages permettant le passage, les communications inter-pievi. Le territoire de Venacu est traversé par deux axes majeurs : un axe nord-sud et un axe ouest-est. Ces deux tracés ayant pour nœud de communication l’église piévane, San Ghjuvanni.
La pieve de Venacu occupe une place importante dans les premiers chapitres de la Chronique de Giovanni della Grossa. C’est en effet là que le Comte Ugo Colonna aurait vaincu les Maures et aurait établi son pouvoir au lieu-dit « Poggio ». Pour Giovanni della Grossa, le Palazzu de Venacu aurait été la résidence principale du comte et de ses descendants, « Corte e capo principale e sedia di Corsica ». Attention ! Le Palazzu d’Ugo Colonna était situé sur la commune de Corte et non sur celle de Poggio di Venaco comme on le pense souvent à tort ! 
San Ghjuvanni di Venacu (actuelle commune de Corte) constituait l’église piévane (a pieve) de ce vaste territoire. Les populations de la pieve devaient se rendre à San Ghjuvanni pour recevoir le baptême et y être enterrées (prérogatives étaient celles de l’église piévane).
Au sein du territoire, le message religieux était relayé par un réseau de chapelles secondaires dont quelques traces subsistent encore aujourd’hui : San Stefanu et San Gavinu (territoire actuel de Corte), Saint Christophe (Venaco) …. A Riventosa, les recherches actuelles n’ont pour le moment pas permis de retrouver les traces d’une chapelle romane malgré la présence d’hagiotoponymes ( nom de lieu souvent en rapport avec un monument religieux même modeste) mais la prospection de terrain doit être approfondie.

Pour le moment le territoire de Riventosa n’a pas fait l’objet de prospection et nous n’avons donc que peu d’informations concernant l’occupation médiévale.  Toutefois, nous avons une mention de Riventosa dans une chronique du 13ème siècle. Iacopo Doria relate l’expédition de Lucchetto Doria contre Giudice della Rocca et ses alliés. Lucchetto Doria et ses troupes passèrent par la pieve de Venacu, détruisirent différents castelli, dont celui de Riventosa en septembre 1289.
Nommé vicaire général par la commune de Gênes, Lucchetto Doria devait soumettre la Corse et les seigneurs insulaires, plus particulièrement Giudice della Rocca qui comptait parmi ses alliés Ugo Cortinchi ( les Cortinchi ont été les seigneurs principaux de la pieve de Venacu au cours du Moyen Age). Des expéditions furent donc menées par les Génois contre cet allié du Comte. L’une d’entre elles toucha la pieve de Venacu. Nous pouvons ainsi lire que Luchetto Doria, après avoir détruit la rocca de  Noceta, mit à sac le Venacais. En septembre 1289 : le même jour furent brûlés le « castello di Riventosa» et le « castello di Tosavo » (Tusani). Il est à noter que J. Doria souligne le caractère exceptionnel du castellu de Tusani :« era in esso castello una torra bellissima, tanto che in tutta Corsica non se ne troverebbe altra così bella ». La fortication médiévale de Tusani se trouve à proximité des vestiges romains que nous venons d’évoquer et, donc, non loin de Riventosa.
Ce texte est donc très intéressant, d’une part il montre l’importance que devait avoir le castellu de Tusani à cette époque, d’autre part il témoigne de l’existence en 1289 d’une fortification, du moins d’une occupation, à l’endroit où se dresse aujourd’hui le village de Riventosa !
Ces fortifications faisaient partie d’un réseau de sites défensifs qui avaient pour objectif de contrôler et de protéger le territoire de la pieve. En effet, le castellu de Tusani ( et certainement celui de Riventosa ) est en liaison visuelle directe avec les autres castelli de la pieve (Torra di Pastureccia, Castellu di u Corbu …).
 

 
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